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Le train caresse les villes endormies,
De mon siège, le monde défile au ralenti,
Le ciel gris pleure sa mélancolie sur une succession de prés trop verts.
Les pylônes arrogants, témoins sans parole,
Du suicide orchestré de l’humanité.
Le wagon pue la bouffe réchauffée,
Une première classe sans paumés contre le radiateur.
Place 145,
La brioche plastiqueuse glisse dans son gosier.
Elle bouquine sur une liseuse froide,
Frigide de la tendresse du papier.
Une gare, encore une.
Les fourmis descendent en talons aiguilles,
Disparaissant dans un tunnel à peine éclairé.
La nuit arrive, effrontée.
Les lucioles artificielles balisent le chemin des toilettes,
Équilibriste de l’urinoir,
Une main sur la porte et l’autre sur l’arrosoir.
Mes cervicales portent plainte contre un dossier bleu inconfortable,
Mes jambes trop longues sont incompatibles avec le mobilier scandinave.
Un halo irradie le compartiment,
Eclipse solaire sur cols blancs mal lunés.
L’aura d’un petit homme curieux qui torpille sa grand-mère de questions existentielles.
Est-ce que les avions dans le ciel sont des trains avec des ailes ?
Est-ce que les nuages crient ?
Est-ce que le soleil dort la nuit ?
Il fixe le type à la grosse montre dorée avec malice,
Le renvoyant à sa stature d’adulte trop lisse.
La buée se pose sur la paroi vitrée,
De ses fragiles doigts roses,
Il esquisse un visage disproportionné.
Basquiat anonyme dévorant un paquet de Pépito,
Gustave Clim souffle à plein poumons,
L’œuvre éphémère s’évapore,
Le petit démon s’endort,
L’univers est orphelin,
Les étoiles filantes tombent parfois dans les trains.