Apostrophes

Les chemises blanches parfaitement repassées défilent sur Arte,

Un débat sur la littérature et la médiocrité,

BHL clonés citant Céline à chaque allégorie,

Si tu n’as pas lu Voyage au bout de la nuit à 30 ans, tu as raté ta vie,

 

« Écrire est une nécessité »,

Héritage familial qu’ils sont  contraints d’accepter,

Et de toute façon « je ne sais rien faire d’autres »,

C’est pas de leurs fautes mais de celles des autres,

 

L’élite littéraire a le visage stéréotypé  d’une agence de mannequins,

Qui ferme ses portes aux visages moins parisiens,

 

La couleur se fait rare,

Sur ces plumes aux teints blafards,

Le numéro d’arrondissement,

Prime sur le talent,

 

Une feuille blanche comme seule angoisse,

Papa s’occupera du chèque et de la paperasse,

L’étudiant fauché qui publie une pépite,

Un mythe pour éditeurs hypocrites,

 

Sourires vaniteux et phrases à rallonge,

Pour vendre un bouquin comme un paquet d’éponges,

Citer Maupassant, Proust ou Baudelaire,

Pour donner l’illusion, pour avoir l’air,

 

Ambiance salon de thé,

A mouiller sur le best-seller de l’été,

Explications hautaines pour lecteurs de bédés,

 

Ecrivains et politiciens sont tout aussi déconnectés,

Les émissions littéraires relèvent du compte pénibilité,

Combien coûte un petit pain au chocolat,

Comment survivre avec le RSA,

 

Intellectualiser  à outrance,

Pour noyer le poison,

 

Si les jeunes ne lisent plus,

C’est parce que les romans ne viennent plus de la rue,

Mais d’un appartement de 200 mètres carrés,

Au parquet fraîchement ciré.